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9- S’engager de façon déterminée dans la voie de l'unité organique de la Gauche Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
24-06-2008

D’abord, disons le tout net : nous refusons l’alliance au centre et autres stratégies de troisième force. L’appel à François Bayrou lors de la dernière élection présidentielle en a été le dernier avatar. Les élections municipales ont confirmé l’efficacité, la cohérence, la force du rassemblement de toutes les forces de gauche. Celui-ci crée une dynamique, qui permet au second tour d’entraîner de nouveaux  électeurs autour d’un projet, de propositions et  parfois aussi par simple rejet de la droite. Nul besoin d’alliances au centre et moins encore de confusion. 

La Gauche n’est jamais arrivée au pouvoir que rassemblée. Ce fut le cas avec le Front populaire en 1936, avec l’Union de la gauche en 1981 ou même avec la Gauche plurielle en 1997. Aujourd’hui encore, l’union est le talisman de la victoire. Mais nous ne pouvons nous contenter dune union décrétée au dernier moment, qui prend la forme d’un simple accord électoral et moins encore compter sur l’automatique désistement au second tour, qui en est la version minimale. Toutes ces formules ont atteint leur limite et ne sont plus susceptibles aujourd’hui de créer l’élan collectif nécessaire au sursaut et à la victoire.

Un cycle historique s’achève. Il faut aller maintenant plus loin et à nouveau, comme en 1905, engager la réunification de toutes les composantes de la Gauche. Cette unité est désormais possible. Si l’union a dû se construire sur des accords gouvernementaux, c’est que perduraient de profondes divergences idéologiques et politiques. On le voit aujourd’hui, l’histoire et l’évolution du monde ont réglé nombre de désaccords. Quant aux différences de point de vue, elles traversent largement chaque organisation, mais il existe des valeurs communes à une grande partie de la gauche. Encore faut-il  les affirmer  et les assumer.
 
L’exigence d’unité doit aller de pair avec l’affirmation forte et sans complexe de l’identité contemporaine de la Gauche. Il s’agit bel et bien de redonner de la vigueur et de la crédibilité à l’idée d’alternative politique, mise à mal par la répétition de thèses –que nous devons contester-  sur la droitisation de la société française, la nécessité d’accepter sans trop de nuance le capitalisme sous prétexte de modernisme, le dépassement du clivage droite-gauche.

Naturellement, l’ambition de la Gauche doit être aussi d’assumer le pouvoir et de transformer la société par l’action gouvernementale. L’affirmation du réformisme, qui s’appuie sur le primat de la démocratie, ne doit en rien empêcher une perspective culturelle et politique plus vaste et plus radicale, car le combat de la gauche ne se limite pas à la gestion des affaires publiques. L’unité doit permettre de faire la synthèse du militantisme et de l’engagement à gauche, de la culture réformiste et de la culture contestatrice. C’est ce que Jaurès appelait « l’évolution révolutionnaire ».

L’unité au sein d’une même organisation permettra l’émergence d’une culture politique capable de concilier gestion et contestation, transformation à la fois par l’action gouvernementale et par les mouvements sociaux ou l’implication militante et citoyenne. Elle permettra d’être plus en phase avec le peuple de gauche et l’électorat populaire. En élargissant, en diversifiant, en renouvelant la base militante, elle captera toutes les énergies aujourd’hui démobilisées, notamment celles des militants associatifs ou syndicaux insuffisamment pris en compte par nos partis.

C’est à ce dépassement que nous appelons le parti socialiste
; il en va de son avenir et de celui de toute la gauche. Prenons garde à ne pas tarder et à ne pas laisser se structurer une bipolarisation au sein même de la gauche avec, d’un côté, un pôle dit de radicalité et, de l’autre, un parti dit réformiste et modéré, qui risquerait de conduire durablement à l’impuissance. Alors, au congrès de Reims, nous devons engager cette nouvelle étape de l’unité et proposer à l’ensemble des forces de gauche d’en débattre rapidement au sein d’un « comité permanent de l’unité », qui pourrait proposer les étapes conduisant à un congrès de l’unité en 2010 et à la désignation en 2011 d’un candidat commun à l’élection présidentielle. Ce congrès de l’unité pourrait être précédé de forums thématiques et, fin 2009, d’un congrès exceptionnel de chacun des partis, qui acterait la nouvelle démarche.

Il va de soi que ce mouvement doit respecter la diversité, la spécificité des histoires, des cultures de tous les courants de la gauche. L’unité ne saurait imposer à quiconque le renoncement à ses convictions, ni  l’alignement pur et simple sur les positions du parti le plus fort.
Pour réaliser cette tâche, le Parti socialiste a une responsabilité historique majeure. Soyons à la hauteur de cette belle ambition! 

CHANGER LE COURS DES CHOSES

Cette contribution se veut un appel à la « reconstruction collective » que devrait être le Congrès de Reims.  Elle se propose, comme tant de militants le souhaitent, de générer une démarche ouverte à tous ceux qui ne veulent pas de ce réformisme au rabais qui nous est proposé et qui croient que la politique a pour objet de changer le cours des choses

Dernière mise à jour : ( 24-06-2008 )
 
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