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Nous n’opposons pas la production des richesses à leur juste répartition et à la redistribution ; nous n’opposons pas l’économique et le social. Notre capacité à orienter les choix économiques doit être mise au service du bien être social, d’une nouvelle étape de progrès humains et d’un rééquilibrage des richesses produites en faveur du travail.
1- Favoriser l'investissement plutôt que les profits distribués.
L’économie française ne sera pas performante et « compétitive » en poursuivant la politique de baisse des salaires et des cotisations sociales. Elle doit favoriser l’investissement, qui devient de plus en plus coûteux et difficile avec la rémunération sans cesse accrue du capital. Il s’agit de faire en sorte que le capital financier arrête de grossir au détriment de la sphère productive. En France, les périodes de croissance soutenue ont toujours coïncidé avec un fort investissement des entreprises. C’est ce cercle vertueux de la croissance par l’investissement qu’il s’agit à présent de retrouver. Nous pouvons le faire en baissant l’impôt sur les sociétés pour les bénéfices réinvestis.
2 -Favoriser le travail plutôt que le capital : revaloriser les salaires
Évidemment, il faut réclamer des contreparties. Ces contreparties formeront le nouveau compromis social auquel le Parti socialiste invitera les forces vives de la nation.
En échange de l’impôt très faible sur les bénéfices réinvestis (cet impôt représente actuellement près de 30 milliards d’euros pour l’Etat), nous devrons supprimer la plus grande partie des allégements de cotisations sociales accordés depuis 20 ans (pour un résultat incertain, voire nul, selon l’aveu même des experts) et obtenir une hausse significative des salaires.
Nous sommes favorables à une augmentation substantielle du SMIC (à 1500 euros le plus tôt possible) et à la tenue d'une conférence annuelle tripartite sur les salaires. Au delà du Smic, c’est bien la hausse des bas et moyens salaires qu’il faut réussir.
Enfin, un profond rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée entre capital et travail devra être opéré, alors que la part des salaires dans la valeur ajoutée a diminué de 10 points depuis 20 ans, passant notamment par une refonte du mode de calcul des cotisations sociales. Concernant les cotisations patronales, le choix d’une autre assiette, fondée sur la valeur ajoutée, bien définie pour ne pas pénaliser l’investissement, permettrait de ne pas désavantager les entreprises qui parient sur le savoir et le savoir-faire.
Une des meilleurs armes pour rééquilibrer la répartition des richesses produites entre le capital et le travail, c'est la réduction du temps de travail sans réduction de salaires. Nous devons donc défendre fièrement la réduction collective (générale ?) de la durée du travail, vecteur de progrès et condition de l’égalité entre les salariés, au lieu de laisser la droite installer le temps de travail individuel soumis au seul bon vouloir patronal, qui favorise l’émergence d’un sous-salariat pauvre et précarisé.
Enfin, il faudra bien que les entreprises, toutes les entreprises, prennent leur part du financement des retraites par répartition, de manière à stopper à 40 annuités les cotisations salariées pour toucher une retraite à taux plein.
3-La priorité à l'éducation et à la formation
Au coeur du projet socialiste, il y a l'éducation et la formation.
Nous nous prononçons pour la mise en place d’un véritable service public de la formation professionnelle qui profite à tous les salariés, et pas simplement aux cadres supérieurs. Un bilan de carrière personnalisé et obligatoire constituerait un passeport des compétences. Celui-ci décrirait l’ensemble des compétences, formations et expériences acquises tout au long de la vie, pendant les périodes d’emploi comme de chômage, l’objectif étant de faciliter l’évolution de carrière et de donner au salarié les chances d’une mobilité choisie, même dans les petites entreprises. Il convient aussi d’accroitre le droit individualisé à la formation, d’assurer une véritable continuité professionnelle pour tous les salariés touchés par des suppressions d’emplois.
Nous voulons une éducation nationale forte, avec des personnels plus nombreux pour permettre une meilleure prise en charge des élèves, et avec des programmes qui redonnent sa place à la culture générale.
Il nous faut dénoncer avec force les discours et actions du gouvernement. Xavier Darcos ne cesse d’énoncer des contrevérités pour discréditer l’Education Nationale, imposer des restrictions budgétaires d’une extrême gravité pour l’avenir de nos enfants. Or, notre pays est tout juste dans la moyenne des pays européens lorsqu’on rapporte au PIB les dépenses de l’Etat pour l’éducation ! Le nombre moyen d’élèves par classe est l’un des plus élevés des pays développés !
Nous ne relèverons pas les défis de la réussite pour tous sans des efforts nouveaux du pays, sans la confiance assurée aux enseignants :
- il faut donner à l’école les moyens d’amener tous les enfants d’une même classe d’âge au meilleur niveau afin que tous aient la même liberté de choisir leur orientation scolaire et leur profession.
- le renforcement des moyens affectés aux zones d’éducation prioritaire (ZEP) doit rester au cœur du projet socialiste : cela implique à la fois la présence d’un corps professoral plus nombreux et davantage de personnels.
- la carte scolaire, garante d’une véritable mixité sociale, reste un outil pertinent qu’il faut faire respecter.
- le brevet et le baccalauréat doivent rester des examens nationaux, sans contrôle continu, permettant d’assurer la stricte égalité de tous les lauréats.
Il est bon de rappeler aussi que l’enseignement secondaire doit continuer à mettre l’accent sur la culture générale. L’autonomie effective d’un individu, sa qualité de citoyen, passe par la maîtrise des armes intellectuelles que lui offre celle-ci.
Les socialistes doivent engager une relance de l’éducation populaire, dont les contours et les moyens d’actions doivent être actualisés : le soutien scolaire, l’éveil culturel, l’apprentissage des langues, font l’objet d’une marchandisation qui exclut les foyers modestes.
Nous devons, enfin, réaffirmer les principes qui fondent l’école de la République. Le premier, c’est la laïcité, qui n’implique pas seulement la neutralité de l’espace scolaire en termes religieux, mais aussi marchand. |