| 6- Organiser un retour efficace de l'intervention publique |
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| 24-06-2008 | |
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La puissance publique revient en force. Nombre d’Etats commencent en effet à mesurer l’importance de retrouver une capacité à agir sur l’économie, qui va bien au-delà de la seule régulation du marché. C’est particulièrement vrai avec la revendication de maîtriser la gestion des ressources naturelles (pétrole gaz matières premières etc..) comme au Venezuela ou en Russie (renationalisation de Gazprom), mais aussi avec la constitution des fonds souverains dans de grands pays comme la Chine, la Russie ou d’autres qui bénéficient de la rente pétrolière (Moyen-Orient). L’Etat vient aussi à la rescousse de banques en difficulté en les nationalisant (exemple de Northern Rock en Grande Bretagne) et il conserve un rôle déterminant aux Etats-Unis, avec le financement d’importants programmes d’armement. Au Japon, l’Etat lance des programmes d’investissements dans les hautes technologies, appuyé sur des politiques industrielles. De façon paradoxale, à contretemps, l’Europe continue le démantèlement systématique de l’intervention et du capital public et la droite française poursuit les privatisations ! Nous plaidons également pour la création de fonds souverains français. En effet, entre la nationalisation à 100 % et la privatisation, les participations, même minoritaires, au capital d'entreprises industrielles peuvent permettre de peser sur les choix stratégiques de ces entreprises. Les fonds de la Caisse des dépôts et consignations pourraient être en partie mobilisés à cet effet, ainsi que le Fonds de réserve des retraites (33 milliards d'euros), qu’il faut renforcer. Ces prises de capital public généreraient des flux financiers conséquents et créeraient un effet levier prometteur. D'autres structures pourraient être créées, tantôt à capitaux publics, tantôt en lien avec le secteur mutualiste ou des acteurs privés. Les aides aux entreprises devraient, le plus souvent possible, s'opérer sous forme de prise de capital. On peut même imaginer que la taxation de profits exceptionnels, comme ceux de Total actuellement, se fasse par le versement d'actions à ces fonds souverains publics. La formule répondrait à la justice fiscale et ne spolierait pas les capacités de développement des entreprises. Au-delà, les Français pourraient y placer leur épargne et accepteraient sans doute un rendement moins spéculatif mais installé dans la durée et créant de la richesse nationale ! Cela faciliterait également les transmissions d’entreprises, qui vont être très nombreuses dans les 10 prochaines années, notamment pour les PME, sans qu’il soit besoin de faire appel à des fonds de placement spéculatifs qui cherchent la rentabilité sur le très court terme. La constitution de ces fonds souverains français devrait être un des grands chantiers des prochaines années, car les masses financières qui s'organisent ainsi sur la planète sont gigantesques et seront en position de rafler toutes les entreprises innovantes européennes. Pour éviter les erreurs passées, la gestion de ces fonds doit être transparente, pluraliste et efficace. Le contrôle devrait être rigoureux, associant notamment le Parlement. La gouvernance de ces fonds pourrait ouvrir une nouvelle étape de la démocratie économique et sociale, qui en a bien besoin ! Les errements du passé, tout aussi nombreux dans le secteur privé, ne sauraient servir d'alibi à l'impuissance publique. La création de fonds souverains doterait notre pays de nouveaux outils pour reprendre en main une part de notre destin. On voit là se tracer une vision renouvelée de l'idée d'économie mixte, chère à la gauche française, mais aussi du volontarisme industriel et économique, qui a accompagné toutes les périodes fastes de notre histoire. La puissance publique et les Etats doivent retrouver un droit à fixer les prix, en particulier pour contrecarrer les spéculations. Fixer des prix réglementés est parfois légitime. C'est le cas dans le domaine de l'énergie. L’ouverture à la concurrence, imposée par l’Union Européenne a provoqué une hausse des tarifs. Nous ne saurions continuer dans cette fuite en avant. Dans d'autres domaines, l'intervention sur les prix est une nécessité. Dans l’immobilier par exemple, seul le plafonnement du prix au mètre carré des transactions peut bloquer la spéculation. Cette mesure est possible (cela s’est fait à Genève) et souhaitable, d'autant que l'argument des délocalisations ne tient pas. Les mètres carrés de bureaux à Paris ne peuvent être déménagés à l’autre bout du monde et des coûts élevés de loyer ne sont favorables ni à l’économie ni au droit au logement ! Enfin la planification revient à l’ordre du jour, notamment pour préparer efficacement la révolution écologique. L’Etat stratège, les collectivités locales, les acteurs économiques et sociaux doivent faire converger leurs efforts pour atteindre des objectifs communs et relever des défis tant environnementaux que sociaux. La planification du 21eme siècle doit être fondée sur une dynamique démocratique effective et finalement arbitrée par le Parlement, qui a trop souvent été écarté de cette mission par le passé. |
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| Dernière mise à jour : ( 24-06-2008 ) |
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5- Répondre effectivement à l'urgence écologique
6- Organiser un retour efficace de l'intervention publique
7- Replacer la redistribution des richesses et la question sociale au cœur de notre projet
8- Rénover en profondeur le Parti Socialiste et son fonctionnement
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