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5- Répondre effectivement à l'urgence écologique Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
24-06-2008

L’ampleur des menaces qui pèsent sur les écosystèmes terrestres et la conscience accrue du danger du réchauffement climatique témoignent d’une urgence écologique, qui s’ajoute à l’urgence sociale. La montée des prix du pétrole, la rareté ou la réduction des stocks de gaz et d’énergies fossiles vont bouleverser profondément les équilibres géopolitiques comme les données économiques et financières du monde.

Les limites écologiques du modèle capitaliste actuel, qui permet par exemple d’énormes profits dans le champ de la dépollution, sont manifestes. Elles constituent une raison nouvelle de le transformer en profondeur. L’exigence écologique  impose de redonner sens, mais un sens nouveau, à l’idée de progrès, qui ne saurait être confondu avec le productivisme, qui a trop souvent prévalu à gauche.

Si l’écologie modifie radicalement les enjeux et les projets, elle n’invalide pas le clivage entre la gauche et la droite, entre les libéraux et les socialistes. Elle permet et impose de revisiter bien des idées de gauche. Loin de les disqualifier, elles les confortent si nous savons les rénover profondément.

Obsédé par les échéances à court terme, le marché est incapable de préparer l’avenir. Aujourd’hui, les réponses qu’il offre consistent à proposer de nouveaux produits et services profitables et générateurs de nouvelles inégalités. C'est à la puissance publique de prendre en charge ces défis. L’urgence écologique exige que nous inventions de nouvelles formes de planification et des efforts accrus de recherche publique. Mieux, elle légitime l'exigence de l'extension du champ du service public : l’eau, l’air, la nature, ne sauraient être laissés en pâture au marché.

On le  voit par exemple avec la gestion de l’eau. Le système actuel  ne saurait perdurer : prix élevé de l’eau avec de fortes inégalités, profits importants de grandes entreprises multinationales, réinvestis dans  la communication, qualité de l’eau peu satisfaisante.  Grâce au nombre élevé de collectivités locales conquises par la gauche, il doit être possible de s’engager dans la gestion directe, par le biais de régie publique de l’eau et de mobiliser toutes les ressources nouvelles pour restaurer le bon état écologique des eaux et des rivières d’ici 2015. 

L’investissement public
est également indispensable pour réussir un vaste plan de transformation de nos logements et bâtiments, qui réduise considérablement leur consommation énergétique. Car si les normes nouvelles peuvent imposer le passage aux bâtiments à énergie positive pour le neuf, la restauration de l’ancien exige des efforts complexes coûteux que les propriétaires et occupants n’ont pas toujours les moyens d’engager. Or, ces économies d’énergie pourraient avoir un impact immédiat sur la réduction des charges pour les occupants alors que le retour sur investissement reste assez long. Il faut donc pour les familles modestes et l’habitat social des aides substantielles, écologiquement justifiées et contribuant à l’amélioration de notre bilan énergétique.

Enfin, il est indispensable de repenser la fiscalité pour orienter les pratiques (principe du pollueur payeur), mais aussi pour conforter la redistribution sociale et les péréquations. En particulier, la mise en oeuvre d’une « taxe carbone » universelle doit être engagée, avec l’aide de l’Europe, qui peut l’imposer aux importations. Ceci exige un bras de fer avec l’OMC, qui n’engagera pas une telle réforme sans que se crée un rapport de forces.

La lutte contre l’effet de serre et le changement climatique vont imposer une réorganisation profonde des échanges et donc une certaine relocalisation par grandes régions mondiales. Ce sera la seule façon de réduire l’absurde pollution induite par des transports et des déplacements inutiles générés par la simple volonté de délocaliser la production dans des pays à faible exigence sociale ou écologique, pour le plus grand profit des multinationales. De même, au niveau national, en favorisant la distribution de proximité, on réduira les transports inutiles qui grèvent les prix et alourdissent les bilans carbone.

On le voit : on ne peut espérer du capitalisme qu’il apporte des réponses satisfaisantes aux menaces écologiques. C’est aux socialistes de le faire. Le temps est venu pour la Gauche d’assumer pleinement ses choix dans le domaine de l’écologie. Nous proposons que soit organisée sur ce thème une Convention nationale du PS largement préparée avec les ONG environnementales, par des forums décentralisés impliquant concrètement les élus.
Dernière mise à jour : ( 24-06-2008 )
 
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