| 4- Sortir de l'impasse du libre échange généralisé |
|
|
|
| 24-06-2008 | |
|
La croissance très rapide des échanges et la dérégulation du commerce international risquent de coûter très cher aux pays occidentaux, sans assurer des progrès effectifs aux peuples du Sud. Elle accentue la crise écologique, en particulier le changement climatique. Elle met sous pression et tire vers le bas nos modèles sociaux. Dans presque toutes les parties du monde, le libre échangisme est remis en cause. Même aux Etats-Unis, le débat pré- électoral est largement occupé par cette question et par la nécessité de nouvelles protections ! La crise alimentaire mondiale révèle, d’une autre façon, les profonds déséquilibres générés par la mondialisation libérale actuelle. L’ouverture des marchés a amené beaucoup de pays, en particulier africains de se détourner de l’agriculture vivrière d’une part parce que l’impossibilité d’encadrer les prix, de taxer les importations n’a pas permis de protéger les petits producteurs locaux, d’autre part parce que les instances internationales, en particulier le FMI et la Banque mondiale, ont poussé à privilégier les exportations plutôt que les productions de nourriture locale! La spéculation financière a fait le reste. Une grave crise touche désormais des millions d’humains. Nous devons faire reconnaître pour chaque pays le principe de la souveraineté alimentaire. Ce fut d’ailleurs le principe qui justifia la Politique Agricole Commune et qui doit demeurer son fondement. La politique commerciale ne peut se résumer au choix entre le libre-échange et l’autarcie. Entre les deux, l’Europe peut très bien mener une politique commerciale fondée sur une pratique intelligente d’un protectionnisme équitable. Il ne s’agit pas de prôner le repli sur soi ou de bloquer les échanges internationaux, mais de les encadrer par des accords entre grands blocs continentaux : Europe, Méditerranée, Amérique du Sud, Amérique du Nord, Asie, afin de favoriser le développement de chacun et l’équilibre du monde. Nous devons changer de vision de la mondialisation et proposer de réorganiser les échanges autour de grands pôles continentaux, en lieu et place d’un libre échangisme à peine entravé par quelques règles minimales et d’instaurer une véritable protection communautaire en Europe et même retrouver l’esprit d’origine de la préférence communautaire. Les Européens doivent défendre des normes sociales et environnementales de base telles que l’obligation de garantir la liberté syndicale ou un salaire minimum universel. Si les organisations internationales ne le font pas, l’Europe peut en définir le principe et le niveau. Les produits des pays qui n’auraient pas de législation sociale minimum et qui ne respecteraient pas ce salaire seraient taxés d’un pourcentage variable en fonction de leur développement social. Cette mesure pourrait permettre à l’Europe de protéger son modèle social et son industrie, mais elle aurait aussi pour avantage d’aider vraiment les pays les plus pauvres à trouver le chemin de l’efficacité économique et, surtout, du bien-être social et du développement durable. Nous sommes ici bien loin de l’accompagnement de la mondialisation libérale, qui serait une donnée immuable et qui s’impose à tous. Les socialistes doivent prendre appui sur les failles du système, sur les mutations en cours pour l’orienter dans une direction radicalement différente, se fixant comme priorités la lutte contre les inégalités, la juste répartition des richesses et le social. |
|
| Dernière mise à jour : ( 24-06-2008 ) |
| < Précédent | Suivant > |
|---|
Cliquer ici pour lire la motion C "Un monde d'avance : reconstruire l'espoir à gauche"
Cliquez ici la liste des signataires de la contribution Changer
Changer, c'est :
1- Riposter à l'offensive idéologique de la droite en affirmant l’actualité de nos valeurs
2- Refuser la logique du système capitaliste financier transnational
3- Construire une autre Europe pour mieux changer le monde
4- Sortir de l'impasse du libre échange généralisé
5- Répondre effectivement à l'urgence écologique
6- Organiser un retour efficace de l'intervention publique
7- Replacer la redistribution des richesses et la question sociale au cœur de notre projet
8- Rénover en profondeur le Parti Socialiste et son fonctionnement
9- S’engager de façon déterminée dans la voie de l'unité organique de la Gauche