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2- Refuser la logique du système capitaliste financier transnational Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
24-06-2008

Nous vivons des crises profondes qui s’accumulent et s’accélèrent : crise financière, crise alimentaire, crise énergétique, crise écologique. L’ébranlement du système économique qui s’est imposé peu à peu à toute la planète depuis plus de 30 ans est aujourd’hui perceptible partout.

Jusqu’à présent, les crises étaient soit limitées  à une aire géographique, soit à un domaine d’activité. Il en va autrement aujourd’hui. Le capitalisme est devenu financier transnational et le système financier s’est autonomisé de façon spectaculaire par rapport à l’économie réelle, pour devenir un secteur économique à part entière, dont les objectifs s’éloignent de plus en plus du financement des entreprises. Aujourd’hui, la finance sert surtout à mobiliser l’épargne disponible en faveur de…la finance.

Sa mainmise sur l’économie réelle se traduit par une externalisation généralisée, une rémunération des dirigeants en fonction du taux de profit et la soumission du travail, de sa rémunération et de son organisation aux seuls impératifs du profit financier maximal. La libéralisation des mouvements de capitaux a permis de les exonérer de toute régulation publique et d’accentuer la mise en concurrence des modèles sociaux et des territoires. Cette double autonomisation du capital par rapport aux Etats et à l’économie productive constitue un ébranlement majeur, qui a affaibli le monde du travail.

Depuis 1990, ce capitalisme a connu des crises à répétition, dont l’ampleur est allée crescendo : la faillite des caisses d’épargne américaines, la crise asiatique, l’explosion de la bulle Internet et à présent la crise des « subprimes ». D’autres crises, plus graves encore, se profilent :

- Les fonds spéculatifs, comme d’habitude, réorientent leurs placements dans de nouvelles directions : les matières premières et l’agriculture. Surfant sur la progression de la demande en provenance des pays émergents (essentiellement Chine et dans une moindre mesure, Inde) et sur la politique des bio-carburants, les spéculateurs parient maintenant sur la hausse des céréales, dont ils attendent des profits gigantesques. Cette spéculation se combine aux effets désastreux de la libéralisation généralisée des « marchés agricoles », qui ont considérablement affaibli les productions vivrières et rendu la plupart des pays et singulièrement les plus pauvres d’entre eux dépendants des cours mondiaux, donc vulnérables. En attendant, les émeutes de la faim se succèdent à un rythme suffisamment éloquent pour montrer que l’économie de marché a un prix.

- La crise alimentaire s’ajoute à deux nouveaux défis mondiaux: le défi environnemental et le défi énergétique. Le « prix » des dégâts environnementaux a fait l’objet d’une étude récente, publiée par des économistes allemands. Selon leurs estimations, le monde perd chaque année 2000 milliards de dollars en raison des destructions environnementales.

- Quant à la crise énergétique, elle ne cesse de s'amplifier.
La montée des prix du pétrole, la rareté ou la réduction des stocks de gaz et d’énergies fossiles bouleversent profondément les équilibres géopolitiques comme les données économiques et financières du monde. Le changement climatique, la rareté de l’eau, la disparition de la biodiversité sont devenus des menaces perceptibles et exigent des remises en causes profondes et urgentes de notre mode de développement et du système économique dominant.

L’une des grandes forces du système capitaliste est de s’adapter très vite à ses crises. Néanmoins, les déséquilibres provoqués sont sans cesse plus marqués et instables. En 2007, pour la première fois, le montant total du capital prélevé par les actionnaires a dépassé le montant total des fonds levés par les entreprises pour se développer. Cette masse monétaire amassée grâce à la financiarisation constitue un pouvoir sans précédent, qu’aucun contrôle politique ne permet de mobiliser pour l’industrialisation, l’innovation, ou l’emploi. Elle accentue les disparités entre les grandes et les petites entreprises, pourtant premières créatrices d’emplois. Qui peut imaginer que cette situation va se poursuivre sans heurts, sans bouleversements majeurs ? Des failles se manifestent. C’est le moment de proposer une alternative.

La Gauche ne doit pas se contenter de proclamer qu'elle « ne se satisfait pas du monde dans lequel nous vivons ». Son rôle, c'est d'imaginer une voie nouvelle pour réduire les inégalités dans le monde. C'est aussi de promouvoir un nouveau cadre économique et social favorable au monde du travail, fondé sur de nouvelles formes d’intervention publique. Il s’agit de réorienter les systèmes de production vers davantage d’utilité sociale et environnementale, de mettre en oeuvre des politiques puissantes de redistribution, de réviser les outils et les mécanismes du commerce international et surtout de remettre à plat le système financier international, afin de promouvoir des modes de développement adaptés aux pays qui en ont besoin et de casser les mécanismes spéculatifs actuels. L’économie politique alternative dont nous avons besoin a fait l’objet de nombreux travaux. Encore faut-il les utiliser, leur donner des bases politiques solides et ne pas se contenter d’énoncer de vagues souhaits de régulation internationale.
Dernière mise à jour : ( 24-06-2008 )
 
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