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Changer la vie, changer le monde : nous n’avons pas renoncé aux objectifs fondamentaux. Parce que la responsabilité historique majeure du Parti Socialiste est d'ouvrir à nouveau les voies de l'espérance, il est temps de faire des choix essentiels pour notre avenir, qui imposent que nous sachions changer dans nos analyses, dans nos objectifs, dans nos discours, dans nos propositions…. Le Congrès de Reims n'est pas joué. Nous pensons en effet que les militants peuvent imposer un sursaut, afin que ce congrès, que nous voulons placer sous le signe de la modernité, de la fidélité et du rassemblement ne s'enlise pas dans un scénario écrit d'avance pour eux et sans eux. Les choix de personnes ne sont pas sans importance. Mais nous considérons qu’ils sont seconds et qu’ils doivent venir après les arbitrages politiques essentiels. Pour nous, le PS doit être un mouvement collectif capable de construire des synthèses entre des approches politiques différentes, et non des compromis boiteux. L'esquive de nos différences, le recours à l’homme- ou la femme- providentiel ont anesthésié notre parti depuis plusieurs années. Il est temps d'ouvrir une ère nouvelle pour le PS. Il est temps de s’engager sur la voie ambitieuse de l’unité de la gauche. Notre perspective est de construire une nouvelle organisation qui fédère tous les partis de la gauche mais aussi des clubs, associations, mouvements et les milliers de militants syndicaux, associatifs ou citoyens qui veulent apporter leur contribution à l’affirmation d’une gauche décomplexée, capable de porter leur espoir et d’agir. Nous souhaitons que le PS, principal parti de gauche, décide au congrès de Reims de ce cap stratégique et d’un calendrier définissant les initiatives permettant de parvenir à l’unité de la gauche. Les socialistes doivent être à la hauteur de l’enjeu. Face à la vague libérale, néo conservatrice et anti-républicaine, la gauche doit réaffirmer ses valeurs. D’autant que le vent tourne. Le système est en crise, le cycle du libéralisme économique globalisé et triomphant s’achève. Dans ces temps incertains, la gauche et le camp progressiste mondial ont de réelles opportunités pour orienter l’avenir. Encore faut-il le vouloir et agir. Changer, c'est : 01.Riposter à l'offensive idéologique de la droite en affirmant l’actualité de nos valeurs 02.Refuser la logique du système capitaliste financier transnational 03. Construire une autre Europe pour mieux changer le monde 04. Sortir de l'impasse du libre échange généralisé 05. Répondre effectivement à l'urgence écologique 06. Organiser un retour efficace de l'intervention publique 07. Replacer la redistribution des richesses et la question sociale au cœur de notre projet 08. Rénover en profondeur le Parti Socialiste et son fonctionnement 09. S’engager de façon déterminée dans la voie de l'unité organique de la Gauche |
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Depuis plus de 30 ans, le monde du travail subit de plein fouet une offensive sans précédent. Protection sociale, droits des salariés, services publics : les principales avancées sociales, acquises sous la gauche, sont méthodiquement mises à mal par la droite et les libéraux. A mesure qu’il obtenait une liberté totale de mouvement, le capital s’est affranchi du pouvoir des Etats mais aussi de l’arbitrage démocratique. Les nations se trouvent souvent privées de leur capacité d’action et de régulation, et les quelques instances supranationales (l'Union européenne en fait partie) ou internationales font du libre marché et de la concurrence généralisée une règle absolue et supérieure. |
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Nous vivons des crises profondes qui s’accumulent et s’accélèrent : crise financière, crise alimentaire, crise énergétique, crise écologique. L’ébranlement du système économique qui s’est imposé peu à peu à toute la planète depuis plus de 30 ans est aujourd’hui perceptible partout. Jusqu’à présent, les crises étaient soit limitées à une aire géographique, soit à un domaine d’activité. Il en va autrement aujourd’hui. Le capitalisme est devenu financier transnational et le système financier s’est autonomisé de façon spectaculaire par rapport à l’économie réelle, pour devenir un secteur économique à part entière, dont les objectifs s’éloignent de plus en plus du financement des entreprises. Aujourd’hui, la finance sert surtout à mobiliser l’épargne disponible en faveur de…la finance. |
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L’internationalisme fait partie des fondamentaux de la Gauche : il signifie historiquement la recherche de la paix, mais aussi d’une alliance des travailleurs, des exploités, pour lutter contre toutes les formes d’oppression liées au capitalisme et à l’impérialisme. Le Parti Socialiste doit s’inscrire dans la perspective d’une communauté politique souveraine, plus large et capable de développer un cadre démocratique et progressiste plus prometteur. C'est dans cette perspective que L'Europe a longtemps représenté pour nous un véritable espoir.
Il faut toujours revenir à l’essentiel. Il y a 60 ans, l’Europe sortait d’un effroyable conflit. Il y a 30 ans à peine, près de la moitié des pays qui composent aujourd'hui l'Union Européenne étaient encore des dictatures. Formidable évolution: nous vivons aujourd’hui dans un continent démocratique et pacifié. Un continent riche d’une culture éblouissante et de peuples unis dans leur diversité, attachés aux idées de progrès et de solidarité.
Voilà sans doute la plus grande faute des partisans de la concurrence « libre et non faussée», traduction technique du marché sans entraves : ils ont galvaudé l'idée européenne. |
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La croissance très rapide des échanges et la dérégulation du commerce international risquent de coûter très cher aux pays occidentaux, sans assurer des progrès effectifs aux peuples du Sud. Elle accentue la crise écologique, en particulier le changement climatique. Elle met sous pression et tire vers le bas nos modèles sociaux.
La libéralisation des mouvements de capitaux, de la finance internationale, la baisse des tarifs douaniers et les plans d’ajustement structurel du FMI comme les accords de l’OMC ont fait du libre échange un dogme absolu et ont permis cette explosion du commerce international. Le développement des nouvelles technologies de communication l’a considérablement facilité, comme le faible coût des transports. L’explosion des transports joue d’ailleurs un rôle considérable dans l’accroissement des gaz à effet de serre ! |
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L’ampleur des menaces qui pèsent sur les écosystèmes terrestres et la conscience accrue du danger du réchauffement climatique témoignent d’une urgence écologique, qui s’ajoute à l’urgence sociale. La montée des prix du pétrole, la rareté ou la réduction des stocks de gaz et d’énergies fossiles vont bouleverser profondément les équilibres géopolitiques comme les données économiques et financières du monde. Les limites écologiques du modèle capitaliste actuel, qui permet par exemple d’énormes profits dans le champ de la dépollution, sont manifestes. Elles constituent une raison nouvelle de le transformer en profondeur. L’exigence écologique impose de redonner sens, mais un sens nouveau, à l’idée de progrès, qui ne saurait être confondu avec le productivisme, qui a trop souvent prévalu à gauche. |
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La puissance publique revient en force. Nombre d’Etats commencent en effet à mesurer l’importance de retrouver une capacité à agir sur l’économie, qui va bien au-delà de la seule régulation du marché. C’est particulièrement vrai avec la revendication de maîtriser la gestion des ressources naturelles (pétrole gaz matières premières etc..) comme au Venezuela ou en Russie (renationalisation de Gazprom), mais aussi avec la constitution des fonds souverains dans de grands pays comme la Chine, la Russie ou d’autres qui bénéficient de la rente pétrolière (Moyen-Orient). L’Etat vient aussi à la rescousse de banques en difficulté en les nationalisant (exemple de Northern Rock en Grande Bretagne) et il conserve un rôle déterminant aux Etats-Unis, avec le financement d’importants programmes d’armement. Au Japon, l’Etat lance des programmes d’investissements dans les hautes technologies, appuyé sur des politiques industrielles. De façon paradoxale, à contretemps, l’Europe continue le démantèlement systématique de l’intervention et du capital public et la droite française poursuit les privatisations ! |
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Nous n’opposons pas la production des richesses à leur juste répartition et à la redistribution ; nous n’opposons pas l’économique et le social. Notre capacité à orienter les choix économiques doit être mise au service du bien être social, d’une nouvelle étape de progrès humains et d’un rééquilibrage des richesses produites en faveur du travail.
1- Favoriser l'investissement plutôt que les profits distribués.
L’économie française ne sera pas performante et « compétitive » en poursuivant la politique de baisse des salaires et des cotisations sociales. Elle doit favoriser l’investissement, qui devient de plus en plus coûteux et difficile avec la rémunération sans cesse accrue du capital. Il s’agit de faire en sorte que le capital financier arrête de grossir au détriment de la sphère productive. En France, les périodes de croissance soutenue ont toujours coïncidé avec un fort investissement des entreprises. C’est ce cercle vertueux de la croissance par l’investissement qu’il s’agit à présent de retrouver. Nous pouvons le faire en baissant l’impôt sur les sociétés pour les bénéfices réinvestis. |
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Notre parti doit profondément rénover ses structures et son fonctionnement. D’une certaine façon, il doit s’organiser dans l’esprit de préparer un parti de toute la gauche, en montrant que peuvent être rassemblées toutes les forces existantes, toutes les énergies militantes, sans empêcher la cohérence et les choix clairs. Notre parti doit être plus ouvert, moins coupé de la société, valorisant des nouvelles formes d’engagement et de militantisme. Son discours, son action, comme ses modes d’organisation doivent permettre de toucher les catégories populaires (quartiers, monde ouvrier…) et d’assurer l’émergence de cadres politiques issus de leurs rangs. |
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D’abord, disons le tout net : nous refusons l’alliance au centre et autres stratégies de troisième force. L’appel à François Bayrou lors de la dernière élection présidentielle en a été le dernier avatar. Les élections municipales ont confirmé l’efficacité, la cohérence, la force du rassemblement de toutes les forces de gauche. Celui-ci crée une dynamique, qui permet au second tour d’entraîner de nouveaux électeurs autour d’un projet, de propositions et parfois aussi par simple rejet de la droite. Nul besoin d’alliances au centre et moins encore de confusion. La Gauche n’est jamais arrivée au pouvoir que rassemblée. Ce fut le cas avec le Front populaire en 1936, avec l’Union de la gauche en 1981 ou même avec la Gauche plurielle en 1997. Aujourd’hui encore, l’union est le talisman de la victoire. Mais nous ne pouvons nous contenter dune union décrétée au dernier moment, qui prend la forme d’un simple accord électoral et moins encore compter sur l’automatique désistement au second tour, qui en est la version minimale. Toutes ces formules ont atteint leur limite et ne sont plus susceptibles aujourd’hui de créer l’élan collectif nécessaire au sursaut et à la victoire. |
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